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| Avril 2009 | |||||||||||||||||||||||||||||||
Histoire
de leur étude, investigations modernes, conservation. |
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page
1 |
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Dr.
Mykyta Peregrym Jardin Botanique O. V. Fomin de l’Université Nationale Taras Schevchenko de Kiev E-mails : peregrym@ua.fm - mykyta.peregrym@gmail.com |
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Les
tulipes sont véritablement de très belles fleurs. Elles
attirent l'attention non seulement des botanistes et des écologistes,
mais également de nombreux peuples différents, cela grâce
à la diversité des formes et des couleurs qu’elles
expriment chaque année au printemps. Parfois, elles exercent
même sur certains scientifiques une fascination que d’aucuns
pourraient qualifier d’excessive. L’histoire de l’étude
des tulipes d’Ukraine en est la confirmation. Ainsi, de 3 à
9 espèces du genre Tulipa L. furent données pour
le territoire actuel de l’Ukraine durant ces 135 dernières
années. Par conséquent, nous avons décidé
de commencer cet article par une courte analyse de ces intéressantes
hypothèses. |
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Premières
tentatives de classification |
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Les
premiers travaux consacrés à la répartition des
tulipes de l’actuel territoire d’Ukraine furent l’œuvre
de E. Regel (1873). Il mentionna deux espèces (T. sylvestris
L., T. biflora Pall.) et décrivit des plantes trouvées
dans les zones steppiques de la Péninsule de Crimée (T.
schrenkii Regel.). Un peu plus tard, les protologues de deux espèces
nouvelles proches, endémiques de Crimée, furent publiées
(T. callieri Halacsy et Levier et T. koktebelica Yunge).
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Tulipa
biflora |
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| Pourtant, les événements les plus intéressants liés à l’étude des tulipes débutèrent véritablement avec la publication d’un article de V. Talie "Process of speciation in genus Tulipa" (1931). L’auteur acquit la certitude que T. sylvestris ne poussait pas en Ukraine, cela du fait de sa répartition méditerranéenne, cette plante étant native de l’ouest, du nord et des régions centrales de l’Europe. V. Taliev réfuta également la présence de T. biflora, mais affirma que le territoire de l’Ukraine abrite T. biebersteiniana Schult. et Schult. f. En outre, il n’approuva pas la description comme nouvelle espèce d’une forme forestière de T. biebersteiniana par J. Paczoski. Son argument de base étant que, dans le système des critères permettant de déterminer une espèce, les facteurs écologiques ne sont pas la chose la plus importante. | |||||||||||||||||||||||||||||||
En
1935, T. schrenkii, T. biebersteiniana, T. biflora,
T. callieri, T. koktebelica furent toutes mentionnées
dans "Flora of USSR" (Vvedenskyi, 1935) comme spontanées
de l’actuel territoire |
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Tulipa
callieri |
Tulipa
koktebelica |
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de
l’Ukraine. Le résultat de nouvelles recherches taxonomiques
concernant les tulipes fut ponctuellement publié durant cette
période. |
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La
structure complexe de T. biebersteiniana fut signalée
par I. Zoz et M. Klokov (1936). Sur la base de différences morphologiques
situées au niveau de la fleur, de la situation spatiale du bulbe
dans le sol, etc..., ils décrivent 4 nouvelles espèces
et 3 sous-espèces de T. biebersteiniana. |
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Nous
trouvons donc T. quercetorum Klokov et Zoz (espèce des
forêts et des zones de prairie steppiques ukrainiennes), T.
hypanica Klokov et Zoz (espèce endémique des zones
rocheuses et calcaires de la partie ouest de Prychornomorya (nom local
donné à une zone steppique s’étirant de l’Ukraine
du nord jusqu’à la mer morte et la mer Azoz), T. scythica
Klokov et Zoz (endémiques des étroites bandes steppiques
de la partie centrale de Prychornomorya), T. ophiophylla Klokov
et Zoz (endémique de la partie est de Prychornomorya), T.ophiophylla
subsp. graniticola Klokov et Zoz (endémique des zones
granitiques des montagnes Azov), T. ophiophylla subsp.
bestashica Klokov et Zoz (endémique, elle aussi, des zones
granitiques des montagnes Azov), et T. ophiophylla subsp. donetzica
Klokov et Zoz (endémique de la chaîne de collines attenante
à la ville de Donetsk). |
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Tulipa
scythica |
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Tulipa
hypanica |
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| Plus tard, M. Klokov transforme T.ophiophylla subsp. graniticola en T. graniticola (Klokov et Zoz) Klokov. Ces révisions du complexe T. biebersteiniana furent acceptées dans "Flora of Ukrainian SSR" de E. Bordzilovsky (1950) et par S. Cherepanov (1967, 1973). Pourtant, à peine 14 ans plus tard (1975, 1979), S. Cherepanov, sur la base des résultats d’une révision de genre Tulipa par E. Mordak pour "Flora of European part of USSR" (1981, 1995) réunit à nouveau toutes ces espèces et sous-espèces sous T. biebersteiniana. | |||||||||||||||||||||||||||||||
Désormais,
ignorant en partie les conclusions de S. Cherepanov et de E. Mordak,
une majorité de botanistes ukrainiens continuent à utiliser
les espèces publiées par Zoz and Klokov. D’autres
se contentent d’afficher une certaine neutralité (Mosyakin,
Federonchuk, 1999). |
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Tulipa
ophiophylla |
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Par
conséquent, si l’on se fit aux publications modernes, soit
il existerait 7 espèces de tulipes spontanées en Ukraine
(T. schrenkii, T. biflora, T. quercetorum,
T. hypanica, T. scythica, T. graniticola,
T. ophiophylla), soit il n’en existerait que 3 (T.
schrenkii, T. biflora, T. biebersteiniana). Ce
qui démontre que le point concernant le nombre d’espèces
qui existe en Ukraine reste bel et bien sujet à discussion. Mais
voyons à présent : |
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Tulipa
ophiophylla |
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Les
travaux récents |
Tulipa
ophiophylla |
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J’étudie
les tulipes de la flore d’Ukraine depuis 2002. Durant cette longue
période, j’eu l’occasion de consulter plusieurs jardins
botaniques et herbiers (l’herbier du M.G. Kholodny Institute of
Botany of NAS of Ukraine (KW), le M.M. Grishko National Botanical Garden
of NAS of Ukraine (KWHA), le O.V. Fomin Botanical Garden of the Taras
Schevchenko National University of Kyiv (KWHU), le Donets’k Botanical
Garden of NAS of Ukraine (DNZ), le Nikita Botanical Garden (YALT), la
V.N. Karasin Kharkiv National University (CWN), la Kherson State Univesity
(KHER), le Kherson Natural Museum (KHEM), la Crimea State Agrarian University
(CSAU), la I.I. Mechnykov Odesa National University (MSUD), la South
Federal University (RV), le Botanical Garden of the South Federal University
(RWHA), ainsi qu’une abondante littérature consacrée
à la flore locale de certaines régions d’Ukraine.
J’ai également effectué une dizaine d’expéditions
sur le terrain, que ce soit dans les différentes régions
d’Ukraine ou dans ses zones forestières ou steppiques.
Qu’ai-je appris, quel est le résultat de toutes ces recherches
? Qu’en est-il des tulipes ukrainiennes ? |
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Les
espèces appartenant au genre Tulipa qui se rapporte
à la flore spontanée d’Ukraine font majoritairement
partie du sous-genre Eriostemones (Boiss.), T. schrenkii
(Boiss.) étant l’unique représentante des Leiostemones
(section Tulipa). Cette espèce est présente à
Odesa, Mykolaiv, Kherson, Dnipropetrovsk, Zaporizhzhya, Donetsk, dans
les régions de Lugansk et dans une partie des steppes de la Péninsule
de Crimée. Les habitats de cette espèce sont constitués
de steppes, de zones rocheuses, calcaires, ou encore crayeuses. Malgré
cela, bien que le doute ne soit pas permis quant à la validité
de cette espèce, il existe certaines divergences concernant l’exactitude
du nom utilisé. Par exemple, sur la base d’une analyse
de documents et éléments historiques, E. Mordak (1990)
a prouvé que T. schrenkii et T. gesneriana
L. sont synonymes. De fait, bien que K. Linnaeus se soit contenté
de décrire des plantes cultivées là où E.
Regel décrivit des plantes prélevées dans la nature,
il fut bel et bien le premier à décrire notre plante.
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Tulipa
gesneriana |
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| En conséquence, conformément au code de la nomenclature botanique, son appellation est prioritaire. Ce qui est, selon moi, parfaitement légitime. | |||||||||||||||||||||||||||||||
Tulipa
biflora |
Tulipa
ophiophylla |
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| En revanche, les choses sont moins évidentes concernant les espèces de la section Eriostemones. Comme je l’ai signalé précédemment T. biflora, T. callieri, T. koktebelica, T. biebersteiniana, T. quercetorum, T. hypanica, T. scythica, T. graniticola, T. ophiophylla furent données comme existantes sur notre territoire, cela à différentes périodes. Pas de problème avec T. biflora qui est effectivement présente dans la péninsule de Crimée, plus précisément dans une localité de la région de Donetsks. En revanche T. callieri, T. koktebelica et T. biflora ne s’avèrent être que des synonymes, comme cela fut prouvé sur la base de comparaison de leur morphologie et de leur écologie par E. Mordak (1975). | |||||||||||||||||||||||||||||||
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