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Octobre
2006 |
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Au
cours des années 90, le Conservatoire Botanique National Alpin
initia un nécessaire programme de sauvetage des tulipes savoyardes
incluant notamment la culture ex-situ de végétaux
prélevés, destinés à être multipliés
en culture, puis réintroduits. Malheureusement, ces dernières
années, plusieurs botanistes confirmés nous ont informé,
et du (très) mauvais état sanitaire dont leur semblaient
souffrir ces cultures, et de leur abandon manifeste. Nos tentatives de demande de renseignements auprès du CBNA restant lettre morte, nous avions à notre tour imaginé le pire. Arrivée récemment au poste de responsable des cultures ex-situ, Mme Noémie Fort vient cependant de nous faire parvenir une documentation concernant ce « programme de sauvetage des tulipes de Savoie ». |
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En
voici un résumé reprenant l'essentiel des informations
fournis ! Il convient de noter qu'aucune donnée supplémentaire
n'est venue s'y ajouter depuis 2001. De fait, ce programme pourtant
si nécessaire tant d’un point de vue patrimoniale que botanistique
semble avoir directement souffert d'une réorganisation interne
au CBNA, celle-ci ayant entraîné son arrêt. |
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Sauvetage
& conservation des tulipes sauvages françaises endémiques
de Savoie. |
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Introduction |
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Initié
et financé par le Ministère de l’Environnement,
un programme de sauvetage et de conservation des tulipes sauvages françaises
endémiques de Savoie |
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Les
objectifs multiples de ce programme furent notamment de définir
une stratégie de conservation afin de préserver ces taxons,
en réalisant notamment des prélèvements de plantes
sauvages en vue de les multiplier (végétativement) en
culture afin de pouvoir ensuite procéder à des opérations
de réimplantation in situ et ce, en collaboration avec des partenaires
et des gestionnaires locaux. |
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Les
tulipes concernées |
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Les
espèces concernées par ce programme sont : |
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Tulipa
aximensis, Tulipa billietiana, Tulipa didieri,
Tulipa planifolia, Tulipa montisandrei, Tulipa
mauriana (note du webmestre : attention, lorsque tout au long de
cet article, il est fait mention de Tulipa mauriana, il s‘agit
en fait de Tulipa sp. ‘tulipe de Villarclément’)
& Tulipa marjolettii. |
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Deux
des taxons (T. marjolettii & T. aximensis) ont
disparu de la nature tandis que les autres se maintiennent dans une,
voire deux stations localisées mais semblent en nette régression. L’urbanisation poussée, les cueillettes abusives (qui se poursuivent), la déprise agricole (terres non labourées, fermeture des milieux et embroussaillement), l’abandon de cultures traditionnelles, l’intensification des pratiques agricoles avec l’utilisation d’herbicides efficaces et la consommation des derniers bulbes par les animaux sauvages (sangliers, blaireaux, …) sont à l’origine de ces régressions. Le problème de la survie de ces taxons, au bord de l’extinction, est donc posé. |
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Les 7
taxons sont inscrits au Livre rouge national (Tome I : espèces
prioritaires) et protégés en France (Annexe I). |
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Origine
du matériel végétal cultivé au CBNA : |
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De fait,
Tulipa billietiana est la seule espèce dont les représentants
proviennent exclusivement de plantes prélevées dans la
nature, puisqu'aux Tulipa mauriana, Tulipa didieri,
Tulipa planifolia & Tulipa montisandrei sauvages
virent s'ajouter quelques plantes issues des cultures personnelles de
J. Prudhomme. Quant à Tulipa aximensis & Tulipa
marjolettii, elles proviennent à 100% de cultures hollandaises |
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La
culture ex-situ |
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Le CBNA
s'est rapidement orienté vers la mise en place pérenne
d’une collection conservatoire culturale pour les 7 taxons. Cette
stratégie culturale permit une multiplication végétative
rapide des végétaux. |
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Les
bulbes sont conduits en paniers à bulbes, enfouis dans des jardinières
ou dans des châssis de culture spécifiques et ce, dans
un substrat composé de 40% terre franche, 30% terreau, 20% sable
et 10% tourbe. Depuis 1990, les bulbes étaient récoltés
en fin de végétation, comptés, puis replantés
à l’automne. Dès la fin de l’été
2001, les bulbes ont été laissés en terre. |
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Les
difficultés notables en matière culturale sont liées
à des mélanges entre les taxons (notamment en raison de
la grande quantité de bulbes manipulés), aux attaques
de mulots friands des bulbes et à la virose qui nécessite
la destruction systématique des bulbes contaminés. |
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Deux
actions conservatoires in-situ |
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-
préserver les stations existantes |
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Cette
action a concerné Tulipa montisandrei & Tulipa
planifolia, sur leurs deux stations de la commune d’Hermillon.
Elle fut rendue possible par le biais d’une maîtrise foncière
des stations. Le Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie a
ainsi signé une convention d’usage sur les terres historiques
de ces tulipes avec la municipalité. |
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Afin
d’assurer la pérennité des populations, un protocole
de gestion, d'entretien et de suivi fut mis en place dans le but d’observer
la dynamique de la population et de compléter les données
recueillies en culture. Les parcelles ont été remises
en culture avec une céréale rustique et sont entretenues
par un labour superficiel d’automne. |
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-
procéder à des opérations de réimplantation
in-situ |
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Dans
le cadre de ces réimplantations, le CBNA a classiquement distingué
: |
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des renforcements des effectifs des populations en voie d’extinction
à partir du matériel végétal originaire
de la station. Cela concerne les deux populations relictuelles de T.
planifolia & T. montisandrei sur Hermillon. |
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>
des créations de néo-populations (introductions) sur de
nouvelles parcelles à partir d’un matériel végétal
originaire de stations disparues ou condamnées et proches géographiquement
et écologiquement. Cela a concerné les taxons ayant disparu
de leurs stations : T. mauriana, T. didieri &
T. billietiana. |
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Pour
ce qui concerne T. aximensis & T. marjolettii
aucune action n’a été envisagée à
ce jour, notamment en raison de l’absence d’opportunité
foncière sur les terres historiques. |
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Gestion
conservatoire des parcelles |
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Gérées
comme des sites hébergeant des messicoles, les stations ont suivi
le protocole suivant : |
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1) avant
la plantation: - débroussaillage et fauche avec exportation des produits, - labour en octobre à la roto-bèche (10 à 15 cm de profondeur) par un agriculteur prestataire de service ou une entreprise paysagère locale, - semis de céréales rustiques (épeautre) à l’automne. |
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2) gestion
annuelle: - débroussaillage annuel, - récolte de la production céréalière en été, - labour en octobre à la roto-bèche (10 à 15 cm de profondeur) par un agriculteur prestataire de service ou une entreprise paysagère locale, - semis de céréales rustiques (épeautre) à l’automne. |
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Premier
bilan |
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Rapidement,
un premier bilan de suivi permit de constater : |
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- une
reprise notable de la dynamique des populations réimplantées
(notamment les premières années) avec l’apparition
de nombreuses floraisons, - un relatif essoufflement des effectifs au fur et à mesure des années, - l’apparition problématique de viroses sur les plants de T. mauriana réimplantés, - quelques mélanges ponctuels entre les taxons. |
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Perspectives |
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1)
En matière de réimplantation et de gestion conservatoire |
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Le CBNA
se pose la question de l’opportunité d’un labour
annuel puisque celui ci semble être néfaste à la
survie des bulbes. Certaines stations de tulipes persistent actuellement
dans des zones non perturbées (T. planifolia & T.
montisandrei à Hermillon). De fait, les messicoles bulbeuses
seraient plus adaptées aux vignobles et les céréales
pourraient, en réalité, constituer une zone refuge où
elles se seraient secondairement retrouvées mais qui les conduiraient
à leur disparition. |
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2)
En matière de suivi |
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Le suivi
tel qu’il a été mis en œuvre jusqu’à
présent est peu efficace et mobilise beaucoup d’efforts. |
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Le CBNA
considère qu’un suivi individuel des plants réimplantés
devrait être mis en place afin de suivre l’évolution
de chaque population, voire de chaque individu, et ce, pour un période
minimale de 5 années. Les processus de production de plants en
jardin devraient ainsi durer plusieurs années. Jusqu’à présent le labour automnal interdisait toute réalisation de suivi individuel des bulbes réimplantés. C’est pourquoi, depuis 2000 et à l’avenir, nous souhaitons privilégier un suivi individuel sur les bulbes réimplantés en reportant le labour ultérieurement (2 années de délai sont, pour le moment, prévues). La réimplantation de T. planifolia à Hermillon a été réalisée dans cette optique. Il en sera de même pour les réimplantations futures. |
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| Conclusion | |||||||||||||||||||||||
Le programme
de conservation des tulipes de Savoie est un exemple de collaboration
multi partenariale entre conservatoire botanique national, collectivités
locales et gestionnaires d’espaces naturels. Les opérations
de réimplantation dans le milieu naturel peuvent être considérées
comme des outils efficaces, mais les problèmes rencontrés
rappellent qu’elles ne doivent pas être envisagées
comme une simple transplantation, mais bien comme une action complexe
faisant intervenir des processus globaux. |
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Bien
que considérées comme des plantes « messicoles »,
ces tulipes ne semblent pas apprécier le mode de gestion conservatoire
adopté et nos observations le remettent en cause. |
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Aujourd’hui,
l’ensemble des cultures serait atteint de viroses, sauf peut-être
Tulipa billietiana dont l’état sanitaire reste
difficilement déterminable du fait de la couleur du fleuron.
Le CBNA, par l’intermédiaire de Mme Noémie Fort, envisage de relancer rapidement ce programme. L’association Tulipes Sauvages pourrait apporter son concours à cette heureuse décision… |
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Mme
Noëmie Fort du CBNA |
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A
lire sur le site : |
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