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| Mai 2007 | |||||||||||||||||||
Existe-t-il
un seul amateur de tulipes n’ayant jamais eu la surprise si désagréable
de découvrir au sein de ses cultures une plante atteinte de virose
? Je ne le crois pas tant ce problème est indissociable de la
tulipe.
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De
fait, le problème des virus apparut probablement dès les
débuts de la domestication de notre plante. Et si, au cours du
XVIIième siècle, les tulipes « virosées »
provoquèrent un engouement sans précédent, la fameuse
tulipomania, l’amateur d’aujourd’hui, conscient que
les sublimes modifications de la couleur des fleurs issues de plantes
malades ne sont que les symptômes d’une irréversible
attaque virale, se passerait bien volontiers de sa présence. |
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Les
viroses se transmettent principalement par les pucerons. Passant sans
scrupule d’un végétal à un autre, ceux-ci
sont parfaitement capables de contaminer en une seule saison la plupart
des plantes d’une collection. Une vigilance accrue est donc nécessaire
du début à la fin de la période de végétation.
Vigilance accrue qui trouvera d’ailleurs son apogée lors
du jaunissement des parties aériennes, la couleur jaune attirant
irrémédiablement le moindre puceron. |
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Différents
végétaux peuvent être porteurs de virus et contaminer
les tulipes, toutefois le danger le plus important provient des tulipes
elles-mêmes. Ainsi, introduire une nouvelle plante ou une nouvelle
souche à ses cultures peut être lourd de conséquences
pour l’imprudent. |
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Tulipe
horticole : exemple de 'Clear break' |
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D’autant
plus qu’il existe deux grandes catégories de plantes malades
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la première est constituée de plantes chez lesquelles
la maladie apparaît de manière évidente sous la
forme d’aberrations chromatiques (marbrures, striures…). |
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Autrefois
appelées tulipes « Rembrandt », ces plantes furent
pendant longtemps proposées à la vente. Aujourd’hui,
le commerce de ces plantes malsaines est en principe et fort heureusement
interdit. Je dis en principe car ‘Zomerschoon’, tulipe Rembrandt
souffreteuse par excellence, était pourtant encore proposée
il y a peu de temps par un fournisseur de graines. [Le même qui
attaqua récemment l’association Kokopelli, sous
prétexte qu’elle proposerait à la vente, soit des
plantes ne possédant pas une qualité susceptible d’être
commercialisée, soit carrément des végétaux
non autorisés. Mais bon, je m’égare !] |
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la seconde catégorie de plantes malades est bien plus problématique
car elle est constituée de plantes apparemment asymptomatiques
(porteurs sains). |
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Etudiante
à la John Innes Horticultural Institution, Dorothy Cayley
fit, à la fin des années 20, de nombreuses recherches
sur les virus capables d’affecter durablement les tulipes. Ses
conclusions furent qu’il existe bel et bien deux formes principales
de virus. Elle les appela les Clear break et les Self break
(ou Black break). Selon elle, les Clear break sont
les plantes sur lesquelles la maladie apparaît de façon
évidente. Les fameuses tulipes « Rembrandt »
en font parties. Sauf cas particuliers (tulipes anglaises, tulipes Rembrandt
d’intérêt historique) et quelque soit leur beauté,
je déconseille à tout amateur sérieux de conserver,
reproduire végétativement ou diffuser ce type de plantes.
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En
revanche, les virus de type Self break n’engendrent pas
de modifications chromatiques flagrantes de la fleur. On trouve là
ces tulipes que je qualifie de porteurs sains. Ils trahissent leur état
par de locales et quasi imperceptibles différences dans l’intensité
de la coloration des tépales. On retrouve un peu le principe
de la marbrure, mais la fleur conserve sa couleur originelle. |
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Il
me fut donné de découvrir ce type de problème sur
de nombreuses plantes botaniques (T. fosteriana, sosnowskyi,
altaïca, ostrowskiana, …), mais aussi sur
quelques plantes horticoles. Comme pour les Clear break, je
détruis toujours très rapidement de telles plantes. |
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Fiable,
la reproduction sexuelle demeure l’unique moyen de reconstituer
une souche saine de tulipes botaniques. Quant aux plantes horticoles
hybrides, l’amateur n’a malheureusement d’autre alternative
que de renouveler la souche concernée. |
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| Tulipa didieri : exemple de 'Self break' | |||||||||||||||||||
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Laurent Lieser |
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