Collection Nationale CCVS
 
TULIPES BOTANIQUES (C.C.V.S.)
 
Collection Nationale Genre Tulipa CCVS
Dernière mise à jour : 11 mars 2008
Petit historique de la collection
 
Les premières plantes de la Collection Nationale de tulipes botaniques furent acquises en 1998 : il s’agissait de Tulipa neustruevae, Tulipa polychroma & Tulipa sylvestris, présentes aujourd’hui encore au sein de la collection.
Si, dans un premier temps, elles furent cultivées en pots sur un petit rebord de fenêtre du XIXème arrondissement de Paris, elles occupèrent à partir de 2002 une terrasse ensoleillée située au 7ème étage d’un immeuble à Créteil, dans le Val-de-Marne.
 
Cette terrasse, qui devint le sujet d’un programme court diffusé sur France 2 (Naturellement complices), puis d’un reportage pour France 3 (19/20, Édition Nationale), nous permettait enfin de développer la collection.
Aujourd’hui, ces plantes qui proviennent principalement d’Asie centrale, de Turquie mais aussi d’Europe, vivent enfin en pleine terre, à l'abri d'un de ces jardins en terrasse typiques de la région cévenole. La Lozère leur offre des conditions quasiment idéales, proches de ce qu’elles trouvaient dans la nature.
 
Caractéristiques de la Collection
 
La collection de tulipes botaniques regroupe actuellement plus de 300 tulipes différentes (espèces, sous-espèces, variétés, populations, formes et cultivars). Et bien que cela nous soit de plus en plus difficile, nous parvenons encore à l’enrichir un peu plus chaque année...
 
Si les premières plantes furent obtenues en Hollande, de multiples échanges nationaux et internationaux (Conservatoires & jardins botaniques, botanistes, mais aussi quelques amateurs passionnés) nous permirent rapidement de la compléter. Elle est désormais la plus importante de France, voire d’Europe, mais aussi sans aucun doute l’une des plus exhaustive du monde. Elle abrite aussi bien des tulipes relativement communes que des espèces particulièrement rares, sans oublier les nombreuses plantes menacées de disparition, voire éteintes dans la nature. De fait, le rôle conservatoire de la collection est aujourd’hui incontestable.
 
Tulipa ostrowskiana
 
Les plantes sont cultivées de la façon la plus naturelle possible ! Cela signifie que ni traitement, ni fertilisation chimique ne sont effectués sur le lieu de culture, mais aussi qu’aucun engin à moteur n’est utilisé pour préparer le sol. Le travail manuel, la rotation des cultures,
l’association avec des végétaux "amis" (introduits ou spontanés), l’utilisation d’engrais verts et de compost "fait maison" permettent seuls d’assurer la bonne santé des tulipes. Les pluies naturelles suffisent à leur arrosage.
 
Toutefois, l’idéal bio étant moins important à nos yeux que la pérennité de la collection, si une menace sanitaire très grave, dont nous ne pourrions venir à bout par des méthodes de luttes naturelles, survenait, et uniquement dans ce cas, un traitement chimique pourrait être envisagé. Ce ne fut heureusement jamais le cas !
 
Nous effectuons la plantation des bulbes durant la seconde quinzaine d’octobre, puis, lorsque la période de végétation des végétaux est terminée, nous déterrons, nettoyons, puis stockons, l’ensemble des bulbes qui composent la collection à l’abri des pluies estivales.
 
En 2005, le Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (CCVS) a officialisé nos cultures en leur accordant le statut de Collection Nationale (CN).
 
Pourquoi une collection de tulipes ?
 
A l’instar de nombre de végétaux, les tulipes n’échappent pas à la règle d’uniformisation qui sévit actuellement dans nos jardins occidentaux. Par exemple, alors qu’il existe aujourd’hui près de 6000 variétés horticoles de tulipes, seule une cinquantaine est proposée chaque année en jardinerie. Et bien que, dernièrement, une grande enseigne s’enorgueillit de disposer d’un choix de 100 variétés toutes catégories confondues, qu’est-ce que ce chiffre au regard des dizaines de variétés dont la culture est abandonnée chaque année ?
 
Quant aux tulipes botaniques, un coup d’œil chez n’importe lequel des revendeurs existants suffit à constater que ce ne sont bien souvent que trois ou quatre espèces vraies qui sont disponibles (T. tarda, T. turkestanica, T. humilis, T. saxatilis...). Les botanistes explorateurs des siècles passés, à qui l’on doit ces bulbeuses, seraient bien désabusés s'ils avaient connaissance de la désaffection dont sont victimes aujourd’hui leurs extraordinaires découvertes !
 
Pourquoi vous consacrez-vous plus particulièrement aux plantes botaniques ?
 
Génétiquement, les plantes botaniques sont stables. De plus, elles sont très résistantes. Si l’on ajoute à cela le fait qu’elles sont, selon moi, bien plus belles que les variétés horticoles, cela me semble suffisant pour les préférer aux multiples tulipes créées "de toutes pièces" par l’homme. Simplement, elles sont telles que la nature les a engendré. N’est-il pas inspirant de songer qu’il est possible de cultiver sur un rebord de fenêtre une tulipe qui existe encore à l’état sauvage sur les hauteurs du Pamir-Alay ou dans les steppes les plus reculées d’Asie centrale ?
 
 
A l’instar de ce que l’on observe en France, de nombreuses espèces botaniques sont désormais menacées de disparition à travers le monde tandis que d’autres sont d’ores et déjà éteintes. Heureusement, certaines d’entre-elles furent autrefois introduites en culture. Ainsi, en plus de son aspect patrimonial, leur culture permet de contribuer directement à leur sauvegarde. Cela d’autant plus que dans un futur plus ou moins proche les professionnels risquent d’abandonner ces souches jugées peu performantes au profit d’autres, bien plus aptes à répondre aux normes commerciales actuelles basées sur la productivité et la rentabilité. D’ailleurs, certains l’ont déjà fait…
Tulipa ferganica
 
A l’heure où l’on parle des pertes irrémédiables que subit chaque jour la biodiversité de notre planète, je terminerais en disant que, quel que soit le genre concerné, la disparition d’une espèce botanique est bien plus grave que celle d’une variété horticole. Les plantes spontanées sont le résultat d’une longue adaptation à un milieu naturel particulier, parfois fort difficile, au sein duquel elles jouent certainement un rôle non négligeable tout en contribuant directement à son équilibre. Honnêtement, on ne peut pas en dire autant des plantes horticoles. Une tulipe perroquet survivrait-elle longtemps aux rudes conditions de la vie sauvage ? Je n’en suis pas convaincu. Et tant bien même, elle y parviendrait...
 
Ne vous méprenez surtout pas, j’estime pourtant que certaines variétés de notre traditionnelle tulipe des jardins, mais aussi qu’une majorité d’hybrides de tulipes botaniques sont de pures merveilles dont la culture "pour le plaisir" se justifie tout à fait. Depuis des années que je cultive des tulipes, j’ai cédé plus d’une fois aux charmes de ces plantes domestiques.
 
Qui est propriétaire de la Collection Nationale de tulipes botaniques ?
 
Indéniablement, je préfère me considérer comme le mainteneur de la collection que comme son propriétaire. Ces plantes furent, pour la plupart, découvertes, puis décrites, bien avant ma naissance et j’espère sincèrement qu’elles me survivront. Donc, de ce point de vue la notion de propriété ne devient-elle pas aléatoire, futile ? En tous cas, elle est caduque…
 
Bénéficiez-vous de subventions, de soutiens ?
 
Non ! Par contre, beaucoup de personnes nous encouragent véritablement ! Je fais allusion par exemple aux botanistes qui régulièrement, partagent avec nous leur enthousiasme ou leurs préoccupations concernant telle ou telle station, en France ou à l’étranger. Ou encore à certains responsables de conservatoires et jardins botaniques qui nous transmettent régulièrement des informations sur des plantes en culture ou dans la nature, et nous confient parfois quelques unes des tulipes les plus vulnérables. Sans omettre certains producteurs étrangers qui nous adressent régulièrement des plantes rares, que ce soit pour identification ou simplement par amitié.
 
Comment voyez-vous l’avenir de la Collection ?
   
Tulipa tubergeniana
Vous savez, avec le vivant, on est toujours contraint de considérer les choses au jour le jour, et je m’estime déjà satisfait lorsqu’au printemps les tulipes réapparaissent… Mais, il est tout aussi vrai que nous voyons chaque année le nombre de nos tulipes doubler, voire tripler, et que de nouvelles plantes nous parviennent périodiquement du monde entier. En conséquence, il s’avère que le manque de place commence aujourd’hui à nous poser de réels problèmes (par exemple, à l’automne dernier nous avons du renoncer à la culture d’une cinquantaine de variétés horticoles). Par ailleurs, alors que nous cultivons d’ores et déjà de jeunes plantes obtenues par semis, nous prévoyons de mettre en place dès cette année un programme significatif de reproduction des espèces. Cela, parce que la multiplication sexuelle reste l’unique moyen d’augmenter la variabilité génétique au sein de chaque espèce, mais aussi d’obtenir des plantes saines, exemptes de maladies virales.
 
Lorsque nous arrivions en Lozère, nous pensions y trouver un espace nous permettant d’utiliser nos compétences à la création d’un jardin paysagé à but pédagogique. A l’image du réputé Hortus Bulborum hollandais (5000 visiteurs/an), du jardin carnivore, ou plus près de nous, de la Bambouseraie de Prafrance, celui-ci, ouvert au public, aurait eu pour vocation, d’une part la culture et la conservation des tulipes, mais aussi la découverte par la mise en situation (naturalisation) d’une collection représentative de bulbeuses botaniques (narcisses, iris, crocus, muscaris, perces-neiges, lys, colchiques…).
A ce jour, les démarches effectuées visant à susciter l’intérêt local et/ou trouver le lieu qui aurait pu nous permettre de concrétiser ce projet sont restées vaines.
 
 
En Lozère :
vous êtes un particulier et possédez quelques terres inexploitées,
vous représentez une commune, vous seriez intéressés, ouverts à un projet à fort potentiel touristique   et éducatif, …

 
N’hésitez pas à nous contacter.
> Laurent Lieser
 
 
Mme Virevaire, Mrs Boillot et Michaud, du Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles, Mr Tony Hall & Mr Richard Wilford, du Royal Botanical Gardens de Kew, Mr & Mme Persson (Mme Persson est notamment l’auteur de Tulipa cinnabarina), du Botanical Garden de Göteborg, Mrs L. Leijenhorst & J.P. Zonneveld de l'Hortus Bulborum (Hollande), Mr Ian Youg, membre et ancien président du Scottish Rock Garden Club, Mr Edouard Chas, botaniste de renom et auteur de nombreux ouvrages consacrés à la flore des Hautes-Alpes, Mr Janis Ruksans, Docteur en biologie végétale, auteur de plusieurs ouvrages dédiés aux plantes alpines et producteur, Mr Kurt Vickery, botaniste amateur, Mr Thomas Hubert, botaniste amateur, Mme Catherine Adam, membre actif de l’association Tulipes Sauvages, Mr Alain Josselin, membre de la SFIB et de l’association Tulipes sauvages, Mr Vincent Delbecque, botaniste, auteur de plusieurs ouvrages traitant des plantes médicinales, président de l’association « La Feuille de Sauge » et membre de l’association Tulipes Sauvages.
 
Toutes ces personnes ont contribué directement au développement de la Collection Nationale de tulipes botaniques.
 
 
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