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Accés au blog du jardin naturaliste des bulbes à fleurs
TULIPES BOTANIQUES (C.C.V.S.)
 
Collection Nationale Genre Tulipa CCVS
Dernière mise à jour : mai 2011
Petit historique de la collection
 
Les premières plantes de la Collection Nationale de tulipes furent acquises en 1998. Si, dans un premier temps, elles furent cultivées en pots sur un petit rebord de fenêtre du XIXème arrondissement de Paris, elles occupèrent à partir de 2002 une terrasse ensoleillée située au 7ème étage d’un immeuble à Créteil, dans le Val-de-Marne.
 
Cette terrasse fleurie atypique, qui devint le sujet d’un programme court diffusé sur France 2 (Naturellement Complices), puis d’un reportage pour France 3 (19/20, Édition Nationale), nous permettait enfin d’élargir nos cultures.
Aujourd’hui, ces plantes qui proviennent principalement d’Asie centrale, de Turquie mais aussi d’Europe, vivent enfin en pleine terre, au sein d’une jolie parcelle ensoleillée, située à deux pas de Florac, au cœur même du Parc National des Cévennes. La Lozère leur offre des conditions quasiment idéales, proches de ce qu’elles trouvaient dans la nature.
 
Caractéristiques de la Collection
 
La collection de tulipes botaniques regroupe actuellement près de 400 tulipes différentes (espèces, sous-espèces, variétés, populations, formes et cultivars). Et bien que cela soit de plus en plus compliqué, nous parvenons encore à l’enrichir un peu plus chaque année.
 
Si les premières plantes de la collection furent obtenues dans le commerce, de multiples échanges nationaux et internationaux (Conservatoires & jardins botaniques, botanistes, amateurs) nous permirent rapidement de la développer. Elle est désormais la plus importante de France, voire d’Europe, mais aussi sans aucun doute l’une des plus exhaustives du monde. Elle abrite aussi bien des tulipes relativement communes que des espèces particulièrement rares, sans oublier les nombreuses plantes menacées de disparition, voire éteintes dans la nature. Le rôle conservatoire de la collection est aujourd’hui incontestable.
 
Tulipa tubergeniana
 
Les plantes sont cultivées de la façon la plus naturelle possible ! Cela signifie que ni traitement, ni fertilisation chimique ne sont effectués sur le lieu de culture, mais aussi qu’aucun engin à moteur n’est utilisé pour préparer le sol. Le travail manuel, la rotation des cultures,
l’association avec des végétaux "amis" (introduits ou spontanés), et l’utilisation d’engrais biologiques permettent seuls d’assurer la bonne santé des tulipes. Les pluies naturelles suffisent à leur arrosage.
 
Nous effectuons la plantation des bulbes durant la seconde quinzaine d’octobre, puis, lorsque la période de végétation des végétaux est terminée, nous déterrons, nettoyons, puis stockons, l’ensemble des bulbes qui composent la collection à l’abri des pluies estivales.
 
En 2005, le Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (CCVS) a officialisé nos cultures en leur accordant le statut de Collection Nationale (CN).
 
Pourquoi une collection de tulipes ?
 
A l’instar de nombre de végétaux, les tulipes n’échappent pas à la règle d’uniformisation qui sévit actuellement dans nos jardins occidentaux. Concernant les tulipes botaniques, un coup d’œil au catalogue de n’importe lequel des revendeurs existants suffit à constater que ce ne sont bien souvent que trois ou quatre espèces vraies qui sont disponibles. Les botanistes explorateurs des siècles passés, à qui l’on doit ces bulbeuses, seraient bien désabusés s'ils avaient connaissance de la désaffection dont sont victimes aujourd’hui leurs extraordinaires découvertes !
 
Génétiquement, les plantes botaniques sont stables. De plus, elles sont très résistantes. Si l’on ajoute à cela le fait qu’elles sont, selon moi, bien plus belles que les variétés horticoles, cela me semble suffisant pour les préférer aux multiples tulipes créées "de toutes pièces" par l’homme. Simplement, elles sont telles que la nature les a engendré. N’est-il pas inspirant de songer qu’il est possible de cultiver sur un rebord de fenêtre une petite tulipe qui existe encore à l’état sauvage sur les hauteurs du Pamir-Alay ou dans les steppes les plus reculées d’Asie centrale ?
 
A l’instar de ce que l’on observe en France, de nombreuses espèces botaniques sont désormais menacées de disparition à travers le monde tandis que d’autres sont d’ores et déjà éteintes. Heureusement, certaines d’entre-elles furent jadis introduites en culture. Ainsi, en plus de son aspect patrimonial, leur culture permet de contribuer directement à leur sauvegarde. Cependant, le risque de voir, dans un futur plus ou moins proche, de nombreux professionnels renoncer à ces souches naturelles, jugées moins rentables, au profit d’autres, bien plus en mesure de répondre aux normes commerciales actuelles basées sur la productivité, est bel et bien réel. Le mot d’ordre de la branche horticole n’est-il pas aujourd’hui de satisfaire avant tout à l’effet mode engendré par un public accommodant qui recherche essentiellement d’énormes fleurs bariolées, et qui se montre finalement peu préoccupé par leur incapacité à survivre au jardin plus d'une année ? Autrement dit, après s’être éteintes dans la nature, les tulipes botaniques pourraient de surcroît disparaître en culture.
 
Tulipa ferganica
 
A l’heure où l’on parle des pertes irrémédiables que subit chaque jour la biodiversité de notre planète, il est important de garder à l’esprit que la disparition d’une espèce botanique est bien plus grave que celle d’une obtention horticole. Les plantes spontanées sont le résultat d’une longue adaptation à un milieu naturel particulier, parfois fort difficile, au sein duquel elles jouent certainement un rôle non négligeable tout en contribuant directement à son équilibre. Honnêtement, on ne peut pas en dire autant des plantes inventées par l’homme. Une tulipe perroquet survivrait-elle longtemps aux rudes conditions de la vie sauvage ? Je n’en suis pas convaincu. Et tant bien même, elle y parviendrait...
 
Malgré cela, j’estime que certaines variétés de notre traditionnelle tulipe des jardins, parmi les moins dénaturées, et qu’une majorité d’hybrides de tulipes botaniques sont de pures merveilles dont la culture "pour le plaisir" se justifie tout à fait.
 
Qui est propriétaire de la Collection Nationale de tulipes botaniques ?
 
Indéniablement, je préfère me considérer comme le tuteur de la collection que comme son propriétaire. Ces plantes furent, pour la plupart, découvertes, puis décrites, bien avant ma naissance et j’espère sincèrement qu’elles me survivront. Donc, de ce point de vue la notion de propriété ne devient-elle pas aléatoire, futile ? En tous cas, elle est caduque…
 
Comment voyez-vous l’avenir de la Collection ?
 
Avec le vivant, on est toujours contraint de considérer les choses au jour le jour, et nous sommes déjà satisfaits lorsqu’au printemps les tulipes réapparaissent… Mais, il est tout aussi vrai que chaque année le nombre de bulbes augmente et que de nouvelles plantes nous parviennent périodiquement. En conséquence, il nous a fallu trouver un terrain beaucoup plus grand. Celui-ci va nous permettre de maintenir les tulipes dans de meilleures conditions, en laissant certaines d’entre-elles se naturaliser à leur guise.
 
> Laurent Lieser
 
 
Hommes & Plantes : la collection nationale mise à l'honneur
Présentation par Laurent Lieser de la collection nationale CCVS de tulipes botaniques, avec la découverte de quelques espèces rares ou menacées.
Edouard André (1840-1911) : le parcours étonnant d'un grand jardinier-botaniste français qui fut un aventurier voyageur et un descripteur de plantes tropicales.
Les Micocouliers de monsieur Hureau : un gros plan sur cet arbre fort réputé en Provence, mais que l'on découvre parfaitement adapté en Sologne.
 
Hommes & Plantes n° 77 (Avril - Mai - Juin 2011) - 10 €
Disponible sur abonnement en téléchargeant le bulletin cliquez ici
Mme Virevaire, Mrs Boillot et Michaud, du Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles, Mr Tony Hall & Mr Richard Wilford, du Royal Botanical Gardens de Kew, Mr & Mme Persson (Mme Persson est notamment l’auteur de Tulipa cinnabarina), du Botanical Garden de Göteborg, Mrs L. Leijenhorst & J.P. Zonneveld de l'Hortus Bulborum (Hollande), Mr Ian Youg, membre et ancien président du Scottish Rock Garden Club, Mr Edouard Chas, botaniste de renom et auteur de nombreux ouvrages consacrés à la flore des Hautes-Alpes, Mr Janis Ruksans, Docteur en biologie végétale, auteur de plusieurs ouvrages dédiés aux plantes alpines et producteur, Mr Léglise, du Parc Floral de Paris, Mr Corentin Tromeur, de l'INRA de Rennes, Mr Kurt Vickery, botaniste amateur, Mr Thomas Hubert, botaniste amateur, Mme Catherine Adam, membre actif de l’association Tulipes Sauvages, Mr Alain Josselin, membre de la SFIB et de l’association Tulipes sauvages, Mr Vincent Delbecque, botaniste, auteur de plusieurs ouvrages traitant des plantes médicinales, président de l’association "La Feuille de Sauge" et membre de l’association Tulipes Sauvages.
 
Toutes ces personnes ont contribué directement au développement de la Collection Nationale de tulipes botaniques.
 
 
De haut en bas de page :
T. vvedenskyi x 'Girlfriend' - T. tubergeniana - T. ferganica
 
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