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Le
sud-ouest de la France héberge principalement trois espèces
de tulipes : T. agenensis (la tulipe d’Agen), T. raddii
(anciennement T. praecox) & T. sylvestris. Les deux premières auraient été introduites dans notre pays lors des invasions romaines, il y a environ 2000 ans. Au fil des siècles, ces plantes se sont merveilleusement adaptées et ont fini par coloniser les terres cultivées. A un point tel, que les anciens nous parlent encore avec nostalgie de l’époque où, aux premiers jours du printemps : « Les champs devenaient tout rouges, à perte de vue ! ». |
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Officiellement,
la situation de ces tulipes semble loin d’être aussi désastreuse
que celle de leurs cousines savoyardes. Officiellement… |
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Pourtant
la réalité est bien différente. Certes, nos tulipes
sont intégralement protégées. Malheureusement,
ces protections ne concernent aucunement les plantes situées
en terres cultivées. Une réelle aberration lorsque l’on
sait que ces bulbeuses messicoles vivent précisément dans
ce type de milieu. De ce fait, depuis les années soixante, les tulipes régressent à une cadence incroyable. Des quantités inimaginables de plantes sont encore détruites chaque année par les désherbants, des populations entières anéanties en quelques jours. |
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Ce
mois de mars ( 2004 ), nous avons eu l’occasion de voir un champ,
pourtant réputé riche de plusieurs milliers de plants,
totalement débarrassé de ses tulipes (T. agenensis),
cela en moins de deux ans ! Quelques exemplaires épars tentant
encore vainement d’assurer, lors d’une ultime floraison,
leur descendance... |
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Il
est certain qu’à ce rythme, la protection des tulipes françaises
cessera bientôt d’être un problème. Il n’y
en aura plus ! |
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En
attendant, quelques plantes isolées, bénéficiaires
de ces fameuses « protections », parviennent difficilement
à trouver refuge dans quelques fossés de bords de routes
ou, si elles n'y sont pas cueillies, finissent ensevelies sous les papiers
gras, les vieux pneus… |
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Ailleurs,
il reste parfois possible d’en apercevoir quelques unes dans certains
vergers abandonnés. Quelques trop rares talus en abritent également.
Malheureusement, leur envahissement progressif par les ronces diminue
d’autant les chances de survie de nos bulbeuses. |
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Soyons
clairs, l’objectif de l'association Tulipes Sauvages n’est
pas de soulever de polémiques. Les agriculteurs doivent bien sûr gagner leur vie et les organismes de protection de la nature font probablement ce qu’ils peuvent afin de faire respecter, de préserver ou protéger la biodiversité de notre beau pays. N’hésitant pas à utiliser pour cela tous les moyens matériels et financiers disponibles. |
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Toutefois,
force est de constater que certains, armés simplement de bonne
volonté, y parviennent mieux que d’autres ! |
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Ainsi
Monsieur Geyssely (voir Le
Lot & Garonne), agriculteur et véritable précurseur
dans la protection des tulipes, a, depuis les années 60, accepté
de partager son verger avec la merveilleuse Tulipa agenensis.
Faisant fi des quolibets, il su et avec brio demeurer fidèle à ses convictions. Allant jusqu’à adapter l’ensemble de ses techniques culturales (fauchages, désherbages, récoltes des prunes, etc.) aux exigences de cette tulipe, il du aussi batailler contre les indélicats qui vinrent parfois arracher les plantes par dizaines ou se constituer : « des bouquets si gros qu’ils relevaient parfois davantage du fagot ! ». |
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«
Finalement, le fait de tenir compte des tulipes, ne m’a absolument
causé aucun préjudice. Je n’ai eu à déplorer
ni dépenses supplémentaires, ni pertes de revenu ! »
nous assure t-il. |
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Quoiqu’il
en soit, aujourd’hui, on lui doit probablement la survie de l’une
des dernières colonies de cette espèce. A Tulipessauvages.org, on a simplement envie de dire bravo et merci à Monsieur Geyssely ! |
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Le
verger, situé à Villebramar ( 47 ) ayant récemment
été acheté par le Conservatoire des sites d’Aquitaine
et classé site naturel protégé, sa sauvegarde devrait
dorénavant être assurée. |
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C’est
avec plaisir que Monsieur Geyssely vous fera visiter ( sur rendez-vous
) son verger aux tulipes. |
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Téléphone
: 05.53.88.85.27 |
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